Declic Violence

AIDE À LA PRISE EN CHARGE DES VIOLENCES CONJUGALES ENVERS LES FEMMES EN MÉDECINE GÉNÉRALE

Je suspecte, j'identifie

Ces violences sont fréquentes. Elles concernent les patientes qui viennent nous consulter dans nos cabinets de médecine générale jour après jour.

EN BREF

La vigilance du médecin est nécessaire pour repérer les signes d'alerte.

Le dépistage systématique des violences est recommandé pendant la grossesse.

Un débat international en faveur ou contre le dépistage systématique des violences conjugales existe. En France, la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains) milite pour la mise en place d'un dépistage systématique. Les recherches dans ce domaine se poursuivent.

Il n'existe pas, à l’heure actuelle, de questionnaire standardisé, validé en médecine générale et en français pour dépister ces violences. La relation de confiance entre le médecin et la patiente et la façon dont le médecin pose les questions semblent plus importantes que le choix d'un questionnaire de dépistage.

JE REPÈRE, J'IDENTIFIE

je repère, j'identifie

    Tableau

    Facteurs de risque, facteurs aggravants

    Antécédent de violences familiales dans l'enfance

    Séparation récente

    Grossesse

    Isolement social

    Plaintes

    Plaintes vagues et inexpliquées

    Symptômes physiques chroniques inexpliqués : douleurs (pelviennes, lombaires, abdominales, céphalées), asthénie

    Symptômes physiques multiples

    Comportement

    Consultations fréquentes

    Retard à consulter, oublis de rdv

    Problème d'observance (traitement, conseils)

    Incohérence dans le récit

    Signes psychiques

    Dépression

    Etat de stress post traumatique : savoir le diagnostiquer.

    Anxiété

    Troubles du sommeil

    Idées suicidaires, tentatives de suicide

    Addictions

    Troubles du comportement alimentaire

    Signes physiques

    Blessures/ traumatismes inexpliquées/répétés

    Douleurs chroniques : pelviennes, lombaires, abdominales, céphalées

    Asthénie

    Maladie chronique déséquilibrée

    Santé sexuelle et reproductive

    Grossesses non désirées, IVG

    IST répétées

    Dyspareunies

    Fausse couche

    Métrorragie

    Manque de soins prénataux

    Liés au partenaire

    Trop attentionné

    Intrusif

    Agressif

    Liés aux enfants

    Rupture dans le comportement

    Repli sur soi ou hyperactivité

    Régression des acquisitions ou Maturité précoce

    Troubles alimentaires

    Troubles du sommeil

    Douleurs répétées

    Rupture scolaire

    Actes délictueux

    Mise en péril de soi

    Le dépistage systématique des violences est recommandé pour toutes les patientes enceintes, y compris celles qui demandent une IVG. C'est un consensus international.

    Comme nous discutons avec nos patientes du tabac, de l'alcool ou de l'alimentation lors du suivi de grossesse, nous devons aborder la question des violences conjugales.

    Plus largement, le thème des violences conjugales devrait être abordé avec les patientes désirant une grossesse et celles ayant accouché il y a moins d'un an.

    Comment aborder la question ?

    Le débat international sur le dépistage continue : dépistage systématique ou ciblé ?

    Pour le dépistage systématique :

    D'un côté, les défenseurs du dépistage systématique militent pour que toutes les femmes soient interrogées sur leur vécu des violences. En effet cette démarche permet d'augmenter l'identification des violences. Il s'agit aussi d'ouvrir un espace de parole à ces femmes qui sont souvent soulagées d'en parler, qui peuvent être écoutées. Le médecin généraliste peut faire le lien entre des symptômes et ces violences et leur donner la possibilité de s'orienter vers des associations spécialisées où elles trouveront de l'aide.

    C'est le point de vue de la MIPROF (Mission interministérielle pour la protection des femmes victimes de violences et la lutte contre la traite des êtres humains) en France, de diverses organisations de santé américaines dont «US preventive services task force aux Etats Unis » spécialisée en prévention et en soins primaires. Plusieurs études françaises montrent que les femmes ne sont pas opposées au dépistage systématique de ces violences.

    Pour le dépistage ciblé :

    De l'autre, l'OMS ne recommande pas la pratique du dépistage systématique des violences conjugales hormis pendant la grossesse. Ce point de vue est partagé par le collège de médecins généralistes australiens et la société scientifique de médecine belge, par exemple.

    En effet, les études n'ont pas permis de montrer que le dépistage systématique des violences améliore significativement la sécurité (fréquence des violences), la santé (qualité de vie, dépression...) des victimes de violences ou encore l'utilisation des services de soin et l'orientation vers d'autres acteurs du réseau.

    Les questionnaires de dépistage ne sont pas validés en France.

    Actuellement, il n'existe pas de questionnaire de dépistage validé en français adapté à la médecine générale.

    La relation de confiance entre le médecin et la patiente et la façon dont le médecin pose les questions semblent plus importantes que le choix d'un questionnaire de dépistage.

    Il existe 4 outils validés et adaptés aux soins primaires dont un en version francophone (québecois), le WAST, et 3 en version anglaise, le HITS, le WEB et l'AAS.

    - Outil francophone « WAST = Woman Abuse Screening Tool » (questionnaire apparaît quand on clic sur WAST)

    1. En général comment décririez vous votre relation de couple ?

    très tendue / quelque peu tendue / aucune tension

    2. Quand il y a dispute dans votre couple, solutionnez-vous le conflit avec...

    beaucoup de difficultés / une certaine difficulté / aucune difficulté

    3. Vos disputes vous font-elles parfois vous dépréciez ou vous bouleversent-elles ?

    souvent / parfois / jamais

    4. Les disputes se terminent-elles parfois par des gifles, des coups ou de la bousculade ?

    souvent / parfois / jamais

    5. Avez-vous parfois peur de ce que peut dire ou faire votre partenaire ?

    souvent / parfois / jamais

    6. Votre partenaire a-t-il déjà abusé de vous physiquement ?

    souvent / parfois / jamais

    7. Votre partenaire a-t-il déjà abusé de vous émotivement ?

    souvent / parfois / jamais

    Violences dépistées : psychologiques et physiques

    Interprétation : basée sur le jugement clinique, pas de barème défini

    Version courte du WAST : elle consiste à poser les 2 premières questions : si la patiente répond « très tendue » en 1 ou « beaucoup de difficultés » en 2, le professionnel est invité à poursuivre ses questions évaluer la situation plus précisément.

    Conditions d'utilisation : auto-questionnaire ou questions posées par le professionnel

    - Outils anglophones

    Ces outils seront simplement cités car ils ne sont pas adaptés pour une utilisation en français. Une simple traduction ne fait pas d'eux des outils validés en français.

    HITS : acronyme pour « Hurt, Insult, Threaten, Scream »

    WEB : Women's Experience with Battering scales

    AAS : Abuse Assessment Screen